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Egypte

À visiter

Visiter Saqqarah

Moins courue que le plateau de Gizeh, la nécropole de Saqqarah incarne pourtant le point de départ de la grande épopée architecturale égyptienne. C'est ici, au milieu des sables du désert, que la première pyramide à degrés fut érigée sous l'impulsion du pharaon Djéser et de son architecte Imhotep.

Mis à jour le 10 octobre 2026

01L'essentiel
Où
Région de la capitale et Gizeh, Egypte
Quand y aller
janvier, février, mars, avril, mai, juin, septembre, octobre, novembre, décembre
Le geste Trvlr
Emportez suffisamment d'eau potable et protégez-vous du soleil avec un chapeau et de la crème solaire, car l'ombre est rarissime sur le plateau.
02Où c'est
Carte dessinée des expériences à vivre : EgypteCAIRO1. Pyramides de Gizeh5. NÉCROPOLE DE THÈBES6. VALLÉE DES ROIS7. VALLÉE DES REINES8. TEMPLE D'HATCHEPSOUT9. COLOSSES DE MEMNON10. TEMPLE D'EDFOU11. TEMPLE DE KOM OMBO12. ABOU SIMBEL15. QENA16. EL QUSEIRN100 kmÉgypte

Saqqarah sur la carte de Egypte

Pourquoi y aller

L’attention se porte souvent sur les géants de Gizeh, reléguant parfois les origines de l’architecture pharaonique au second plan. Pourtant, la nécropole de Saqqarah, avec le complexe funéraire de Djéser, illustre la toute première forme de cette ambition constructrice monumentale. Visiter ce site revient à feuilleter le premier chapitre d’une longue histoire monumentale. C’est ici, sur ce plateau calcaire aride surplombant la vallée du Nil, que l’ingénieur et médecin Imhotep a eu l’idée de superposer plusieurs mastabas pour créer une structure s’élevant vers le ciel. Cette innovation technique et symbolique a posé les jalons pour toutes les futures constructions funéraires royales. Au-delà de la pyramide à degrés, Saqqarah est une nécropole colossale qui a servi de lieu d’inhumation pendant plus de trois mille ans, de la première dynastie jusqu’à l’époque gréco-romaine. Contrairement à Gizeh, la densité urbaine ne cerne pas encore totalement le site, ce qui préserve une atmosphère de désert originel. Le vent balaye les sables, révélant et recouvrant tour à tour des vestiges que les archéologues continuent d’excaver. La relative tranquillité des lieux permet une immersion plus profonde dans le mystère des rites funéraires antiques. On y marche sur des kilomètres de concessions funéraires, où chaque monticule rocailleux peut dissimuler le tombeau d’un haut dignitaire. Se rendre à Saqqarah, c’est choisir de comprendre la genèse de l’Etat égyptien, de son administration, de ses croyances et de sa capacité à mobiliser des milliers d’hommes pour défier l’éternité. On y croise les sépultures des premiers rois, les tombes finement décorées de l’Ancien Empire et les galeries souterraines des périodes tardives.

Ce qu’il faut voir

Le complexe funéraire du pharaon Djéser constitue le centre névralgique de la nécropole. Il faut franchir la colonnade d’entrée pour déboucher sur la grande cour du jubilé, la cour de la fête-Sed. Là, la pyramide à degrés se dresse, massive et étagée. Les archéologues ont restitué une partie du mur d’enceinte à redans, donnant une idée de la forteresse spirituelle qu’était cet ensemble. Loin de se limiter à Djéser, le plateau regorge de mastabas, ces tombeaux civils de forme rectangulaire. Celui de Ti abrite des bas-reliefs d’une précision naturaliste remarquable. On y observe des scènes de chasse dans les marais, des paysans au travail, le tout sculpté avec une finesse qui documente la vie quotidienne de l’époque. Les mastabas de Mérérouka et Ptahhotep offrent également des décors foisonnants où la faune et la flore sont figées dans le calcaire. Un autre site majeur est la pyramide d’Ounas. Si l’extérieur ressemble à une colline de gravats, l’intérieur recèle un témoignage archéologique majeur : les Textes des Pyramides. Gravées sur les parois de la chambre funéraire, ces incantations visaient à guider le souverain dans l’au-delà. Il est également indispensable de descendre dans les entrailles du plateau pour explorer le Sérapéum. Ce réseau de galeries souterraines monumentales abritait les momies des taureaux Apis, incarnations terrestres du dieu Ptah. Les corridors obscurs desservent des niches abritant des sarcophages de granit pesant plusieurs dizaines de tonnes. Enfin, le musée situé sur place rassemble de nombreuses trouvailles archéologiques locales, permettant de contextualiser les ruines explorées.

Le regard hors cadre

Les itinéraires habituels se concentrent sur les monuments majeurs, omettant souvent de mentionner l’impact sensoriel du désert environnant. En s’éloignant légèrement des sentiers battus, vers les secteurs périphériques, on prend la pleine mesure de la topographie. La bordure orientale du plateau offre un panorama abrupt sur la palmeraie et les champs verdoyants de la vallée du Nil. Ce contraste marqué entre la terre noire fertile et le sable rouge stérile matérialise la dualité de la cosmologie égyptienne : le monde des vivants face au domaine des morts. Par ailleurs, Saqqarah est un site archéologique intensément vivant. Au détour d’une colline, il n’est pas rare d’apercevoir les tentes, les tamis et le ballet des ouvriers travaillant sur des fouilles en cours, notamment du côté du Bubasteion, dédié à la déesse chatte Bastet, où de nouvelles tombes ont été récemment mises au jour. Ces chantiers rappellent que le sable n’a livré qu’une fraction de ses secrets. Observer ces équipes à l’œuvre connecte le visiteur non seulement à l’Antiquité, mais aussi à la patiente recherche scientifique contemporaine.

Quand y aller dans la journée et dans l’année

L’exploration d’une nécropole située en plein désert exige une certaine anticipation météorologique. Le site étant vaste et largement exposé au soleil, il est recommandé de privilégier les premières lueurs de la matinée. La lumière rasante souligne alors les aspérités de la pyramide à degrés et donne au calcaire des teintes chaudes, presque dorées. La fin d’après-midi offre des conditions similaires, avec des ombres qui s’étirent sur le sable, créant une ambiance propice à la contemplation. Les heures centrales de la journée sont souvent éprouvantes en raison de la réverbération de la chaleur sur la roche claire. Concernant la période de l’année, les mois d’hiver, de novembre à mars, garantissent des températures clémentes et un ciel généralement bleu, idéaux pour de longues marches entre les différentes tombes. A l’inverse, l’été égyptien transforme le plateau en fournaise, rendant les déplacements en extérieur particulièrement difficiles. Au printemps, il faut parfois composer avec le khamsin, un vent chaud chargé de sable qui peut réduire la visibilité. Les modalités d’accès à certaines tombes intérieures pouvant varier au gré des restaurations, ce point est à vérifier sur le site officiel avant de partir.

Comment s’y rendre

La nécropole se trouve à environ une trentaine de kilomètres au sud de la zone urbaine du Caire. L’absence de transports en commun directs jusqu’à l’entrée impose l’usage d’un véhicule. Le trajet est une transition fascinante. Quittant l’effervescence de la métropole, la route longe le canal de Marioutiyah, s’enfonçant dans des zones agricoles où les scènes paysannes semblent inchangées. La montée finale sur le plateau rocheux marque l’entrée physique dans la nécropole. La solution la plus flexible consiste à retenir les services d’un chauffeur privé ou d’un taxi, en convenant d’une attente sur le parking pendant la visite. Les applications de VTC fonctionnent pour l’aller, mais il est rare de trouver un véhicule disponible pour le retour. De nombreux voyageurs optent également pour une excursion avec un guide, incluant le transport. Il est impératif de disposer d’un moyen de locomotion interne si l’on souhaite se déplacer entre l’entrée, la pyramide de Djéser et des secteurs éloignés comme le Sérapéum, les distances étant conséquentes sous le soleil.

Autour du lieu

La visite de la nécropole s’articule naturellement avec la découverte de Memphis. Non loin, les vestiges de Memphis témoignent de ce que fut la plus ancienne métropole du territoire antique et la première capitale de l’Egypte unifiée. Aujourd’hui, le site prend la forme d’un musée en plein air paisible, parsemé de statues massives, parmi lesquelles un imposant colosse de Ramsès II couché sur le dos, et un sphinx d’albâtre aux proportions harmonieuses. Plus au sud, en poursuivant sur la route du désert, se dresse la nécropole de Dahchour. Elle constitue l’étape évolutive manquante entre la pyramide à degrés de Saqqarah et les pyramides lisses de Gizeh. On y observe la pyramide rhomboïdale, avec son étrange changement d’inclinaison, et la pyramide rouge, première véritable pyramide à faces planes construite par le roi Snéfrou. Ce triptyque composé de Memphis, Saqqarah et Dahchour permet de retracer physiquement et chronologiquement la quête de la forme géométrique pure par les bâtisseurs égyptiens, tout en évoluant dans des paysages moins fréquentés et plus minéraux que les abords immédiats de la capitale.

Nos conseils de visite

  • Emportez suffisamment d'eau potable et protégez-vous du soleil avec un chapeau et de la crème solaire, car l'ombre est rarissime sur le plateau.
  • Prévoyez de bonnes chaussures de marche fermées pour évoluer confortablement dans le sable et sur les roches inégales du désert.
  • N'oubliez pas une lampe de poche pour observer les détails des bas-reliefs dans les tombes ou pour circuler aisément dans le Sérapéum.
  • Demandez à votre chauffeur de vous déposer aux différents points d'intérêt éloignés les uns des autres pour éviter de longues marches épuisantes.
  • Pensez à glisser un vêtement chaud si vous visitez tôt le matin en hiver, le vent du désert pouvant être très rafraîchissant.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Sources officielles : Ministry of Tourism and Antiquities. Horaires et tarifs à vérifier sur le site officiel avant de partir.