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Devenir photographe à New York

Bonjour, je suis Eva Sakellaride. J’ai 42 ans et j’ai déménagé ici aux États-Unis. J’ai réalisé mon rêve en venant vivre à New York. Je suis photographe. Lorsque mon père m’envoyait à l’étranger, dès l’âge de 13 ans, je pense que ça m’a donné le goût du voyage. En 2008, je me suis installé à mon compte. J’ai gagné un prix : le prix de la photo de mode à Paris, qui a un peu démarré ma carrière. J’ai tout construit à Paris. J’ai commencé à travailler pour des magazines comme Grazia, Paris-Match, Madame Figaro, Première avec qui j’ai photographié beaucoup de célébrités. Donc ma carrière était en pleine expansion, et j’essayais en même temps de trouver des agents à New York, chose très difficile. En 2012, mon travail était assez conséquent pour que je puisse me présenter pour obtenir un visa d’artiste. J’ai trouvé un sponsor à New York et j’ai tout vendu. J’ai vendu pour 4 000 – 5 000 euros d’équipement et ça m’a payé mon voyage. J’ai tout mis sur un bateau, j’ai débarqué à New York le 1er juin 2013 et puis, en faisant un partenariat avec des journalistes que j’ai rencontrés ici sur place, qui étaient aussi des expatriés, on partait sur la route, photographier par exemple Grégory Crewdson, qui est aussi un photographe, ou Ugo Rondinone… Je nomme ces gens-là, parce que mon métier m’amenais vraiment à découvrir les États-Unis.

La photographie, pour moi, a été motrice et je suis partie parce que je ne me sentais pas bien à Paris. Je faisais du sur-place, même si ma carrière avançait. Personnellement, je m’ennuyais. Et pour citer ce que m’a dit une personne quand je suis partie de France, elle m’a dit : « Mais qu’est ce que tu crois ? Est ce que l’herbe sera plus verte à New York ? » Il s’est avéré que oui. L’herbe est plus verte ici. En tout cas, pour un un moment. Les trois premières années : incroyables. J’avais l’impression que je pouvais déplacer des montagnes. J’ai fait des rencontres fabuleuses. J’ai aussi eu l’opportunité de réaliser deux livres, New York L’essentielle et Brooklyn L’essentielle, qui a été le premier guide sur Brooklyn à part entière. J’étais un peu la spécialité de Brooklyn. J’ai fait ces livres avec la journaliste Stéphanie Fontenoy, qui, elle, était spécialiste d’Harlem. Mais ça nous a vraiment amené à explorer la ville et à faire connaissance avec ses habitants.

Quand je suis arrivée à New York, je me suis beaucoup servi de Craigslist. C’est comme ça que j’ai trouvé cet endroit, qui était à la jonction d’un quartier qui s’appelle Bushwick, Bedford-Stuyvesant et East New-York, et tout le monde me disait : « Surtout, ne vas pas là-bas, ça craint ». Je suis quand même allée voir ce studio : 600 mètres carrés, tout l’étage d’un immeuble ! Huit chambres, des parties communes gigantesques, et la deuxième partie était un studio photo. En fait, les gens qui étaient là étaient déjà des photographes. Ce qui me permettait d’avoir un studio à la maison.

Donc, j’ai fait des productions complètes comme les couvertures du Flair, avec du casting… Et puis ensuite, toute l’équipe qui venait : coiffeurs, maquilleurs, etc. Pour moi, c’était le rêve de sortir de mon petit appartement parisien de 45 mètres carrés, enfermée, limitée dans mes mouvements. Et tout d’un coup, tout s’ouvrait et je devais courir pour aller répondre à mon téléphone. C’était complètement irréel pour moi.

Jusqu’au confinement et le Covid-19, j’ai jamais vraiment eu l’envie de prendre de vacances, puisque les vacances me paraissaient bien ennuyeuses. par rapport aux commissions qu’on me donnait, comme aller en Chine, en Inde, photographier Bharati ou les bikers, une de mes expériences les plus phénoménales et qui été vraiment l’apothéose. En fait, c’était en 2016 et c’était une adrénaline incroyable, qui s’est terminée par une course poursuite avec la police. Parce que les flics les repèrent de commissariats en commissariats. Et ils commencent à les poursuivre. Je me suis retrouvée à filer pour sortir de Manhattan et on a pris le pont de Williamsburg pour rentrer à Brooklyn. J’ai mis quelques heures avant de redescendre à ce moment là, mais ça, c’était incroyable, et ça a fait 12 pages dans le Lui Magazine.

Tout ça fait que le rêve est devenu réalité et que je n’ai jamais regretté d’être partie parce que le risque que ma carrière, qui était en expansion, puisse stagner, voire s’arrêter…. En fait, j’ai été récompensé de tout ça !

Donc si je pouvais donner un conseil : prenez des risques et n’ayez pas peur de tomber.

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