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Murailles de Dubrovnik - Srđ

Knin, ville martyre, ville symbole

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Il semble que Knin soit vouée à jouir d’un destin historique avant tout. Dans l’histoire récente, la prise de Knin par l’armée croate en 1995 dans le cadre de l’opération Oluja (tempête), marque le début de la reconquête du pays par les croates. Cette date du 5 août est d’ailleurs l’objet d’une fête nationale largement célébrée.

Mais réduire Knin au statut de ville martyre de l’histoire récente serait une erreur. En effet, habitée depuis la préhistoire, Knin est surtout connue pour avoir été le siège des rois croates dès le XIème siècle. Les rois Trpimir, Muncimir, Svetislav, Drzislav, Zvonimir et Petar, autant de prénoms imprononçables par un non-initié à la langue croate et pourtant encore usités de nos jours, ont ici écrit l’histoire et jeté les bases de la Croatie actuelle. Riche en vestige de cette époque dans toute la région, la société archéologique croate fut d’ailleurs fondée ici.

Conquise par les turcs en 1522, c’est suite à cette période que les premiers réfugiés serbes arrivèrent. Récupérée par les vénitiens en 1699, Knin connut même une courte occupation française, entre 1805 et 1813, dont est issu le réseau de communication avec l’intérieur du pays.

C’est suite à la seconde guerre mondiale que la structure ethnique de la population fut délibérément changée et que la ville devint progressivement le centre du séparatisme serbe. Aujourd’hui, cette ville qui a largement payé son tribut à l’histoire récente tente de faire le deuil de ses victimes, fussent-elles serbes ou croates. Faire une halte à Knin sur la route de Zadar ou Split remettra les idées en place à ceux qui pensent encore que la Croatie se résume à Zagreb et la côte.

Voir aussi notre activité : Visite d’un journée à Mostar de Dubrovnik

Michel Forissier